Revue protestante de culture
Colère et patience de Dieu
Colère et patience de Dieu
La pensée naturelle que les hommes ont de Dieu est aujourd'hui particulièrement amère. Alors qu'en temps de paix et de prospérité chacun peut remarquer que tout va très bien sans lui et par conséquent se dispenser de répondre à la voix de celui qui nous appelle sur le ton du bonheur, maintenant que le ton a changé, maintenant que les hommes sont appelés sur le ton du malheur, ils n'ont tous à la bouche ou du moins dans le cœur qu'une seule question: Comment Dieu peut-il souffrir ces choses ?

 

Comment peut-il supporter l'iniquité des hommes ?

 

Certes, tous ceux qui se posent cette question sont loin d'en imaginer la vertigineuse profondeur, loin de penser que toute la Bible a été écrite précisément pour y répondre. Ce qu'il y a de curieux, c'est que tous ceux qui posent cette question ne s'attendent pas du tout à une vraie réponse, ne sont pas du tout prêts à se laisser instruire par la Bible de la manière justement dont Dieu est venu souffrir la méchanceté des hommes, et de la raison pour laquelle il est venu la souffrir.

 

Comment Dieu peut-il souffrir la guerre ?

 

Au fond, nous n'y croyons pas à notre question. Nous pensons justement que Dieu n'en souffre pas et c'est cela que nous lui reprochons: Son impassibilité. Cette question n'est que le reproche amer de celui qui souffre à celui qui ne souffre pas. L'envie désespérée du malheureux à l'égard du bienheureux. La protestation du mourant contre le vivant. Les hommes ne peuvent s'empêcher de comparer leur situation à celle du Dieu qu'ils imaginent.

 

(Début du texte de Roland de Pury)